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Climat : s’attaquer au méthane, un premier pas bienvenu

Glasgow - Réduire les émissions de méthane d'au moins 30% d'ici à 2030 pour ralentir le réchauffement climatique : l'engagement pris le 2 novembre  à la COP26 par une centaine de pays est significatif, selon les experts, qui regrettent toutefois l'absence de certains des gros émetteurs de ce gaz.

"Le méthane est l'un des gaz que nous pouvons réduire le plus vite", a souligné en annonçant cette initiative la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cela "ralentirait immédiatement le réchauffement", a-t-elle ajouté, rappelant que ce puissant gaz à effet de serre est responsable d'"environ 30%" du réchauffement de la planète depuis la Révolution industrielle.

Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient déclaré mi-septembre travailler ensemble sur ce projet d'accord, rejoints depuis par des dizaines de pays dont le Canada, le Brésil, la Corée du Sud, le Japon, la Colombie et l'Argentine. Au total une centaine qui représentent 40% des émissions mondiales de méthane, selon le site internet de cette initiative baptisée "Global Methane Pledge".

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"C'est un moment historique, c'est énorme", a commenté le patron de l'Agence internationale de l'Energie Fatih Birol, estimant que si l'objectif était atteint, la baisse équivaudrait à l'ensemble des émissions du transport terrestre, maritime et aérien.

Cela "pourrait réduire l'augmentation de la température d'environ un tiers de degré d'ici à 2045", a ajouté de son côté Joanna Haigh, professeure à l'Imperial College de Londres, saluant une "importante contribution pour limiter le réchauffement".

Le méthane (CH4) est le deuxième gaz à effet de serre lié à l'activité humaine après le dioxyde de carbone (CO2). Même s'il fait moins parler de lui, son effet de réchauffement est environ 29 fois plus important par kilogramme que celui du CO2 sur un horizon de cent ans et environ 82 fois sur une période de 20 ans.

Pour le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), diminuer ces émissions est donc une occasion importante de ralentir la hausse des températures à court terme et d'aider à réduire l'écart entre les trajectoires actuelles des émissions de gaz à effet de serre qui mènent vers un réchauffement catastrophique de 2,7°C et celles qui seraient compatibles avec un monde à +1,5°C ou +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, les objectifs de l'accord de Paris.

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- "Pas assez pour +1,5°C" -

 

D'autant que les mesures techniques déjà disponibles pourraient permettre de réduire ces émissions de 30% d'ici à 2030, comme promis mardi, dont une grande partie à faible coût, selon le PNUE.

Le secteur des énergies fossiles, la deuxième source de méthane derrière l'agriculture, a le plus fort potentiel de réduction.

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Détection et réparation des fuites pendant la production et le transport du gaz ou du pétrole, installation de systèmes de récupération du gaz qui s'échappe... "Avec les technologies existantes, il est possible de réduire de 75% le méthane émis par le secteur pétrolier et gazier, dont 50% sans coût net", selon le PNUE qui a lancé cette semaine l'Observatoire international des émissions de méthane (IMEO).

Autres secteurs concernés, les déchets, ainsi que l'agriculture, avec par exemple une meilleure gestion de l'eau dans les rizières et l'amélioration de l'alimentation des animaux d'élevage, grands émetteurs de méthane.

D'autres changements, notamment l'évolution des régimes alimentaires humains pour réduire la consommation de produits de l'élevage et la transition vers les énergies renouvelables, peuvent prendre plus de temps. Mais avec ces mesures supplémentaires, il serait possible de réduire les émissions de méthane de 15% de plus d'ici à 2030.

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Au total, une telle réduction de 45% du méthane d'origine humaine d'ici à 2030 permettrait de ne pas dépasser +1,5°C, selon un rapport du PNUE et de la Coalition pour le climat et la qualité de l'air (CCAC).

C'est d'ailleurs ce chiffre qu'ont mis en avant mardi plusieurs experts pour faire part de leurs réserves.

"Les dirigeants du monde ont raison de s'attaquer aux émissions de méthane, mais les annonces d'aujourd'hui n'atteignent pas la réduction de 45% qui est selon l'ONU nécessaire pour limiter le réchauffement à +1,5°C", a commenté Murray Worthy, de l'ONG Global Witness.

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"Une baisse de 30% est un début, mais ce n'est pas assez pour 1,5°C", a renchéri Dave Jones, du centre de réflexion Ember, évoquant les grands absents. "Les super-émetteurs des mines de charbon doivent faire le premier pas et reconnaître l'ampleur du problème", a-t-il insisté.

La Chine, l'Inde, l'Australie et la Russie n'ont pas rejoint ce pacte.

Pourtant en Russie, le secteur du pétrole et du gaz est "une source majeure" de méthane, estime Jim Watson de l'université UCL de Londres, soulignant les fuites de pipelines "difficiles à surveiller".

Amélie Bottollier-Depois