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Italie: du palais au scrutin, cinq choses à savoir sur le président

Rome - L'Italie élit à partir du 24 janvier un successeur au président de la République Sergio Mattarella, dont le septennat s'achève le 3 février.

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- Election, mode d'emploi -

Le président est élu pour sept ans au suffrage indirect par une assemblée composée des membres des deux chambres du Parlement (629 députés + 321 sénateurs). S'y ajoutent 58 délégués des régions. Soit au total 1.008 "grands électeurs".

Aux trois premiers tours, la majorité des deux tiers (672) est requise. A partir du 4e, la majorité absolue (505) est suffisante.

Le vote a lieu à bulletins secrets dans l'hémicycle du palais Montecitorio, le siège de la Chambre des députés.

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En raison des contraintes de sécurité liées à la crise sanitaire, un seul tour de scrutin sera organisé par jour.

Les électeurs positifs au Covid-19 pourront voter de leur voiture sur le parking du Parlement.

- Les pouvoirs du président -

Le président, chef de l'Etat et garant de la Constitution, nomme le chef du gouvernement et, sur proposition de ce dernier, les ministres.

En cas de crise politique, son rôle est crucial car il dispose d'une certaine latitude pour choisir le Premier ministre : cela a été le cas par exemple lorsque Giorgio Napolitano a désigné Mario Monti en 2011 ou lorsque Sergio Mattarella a appelé Mario Draghi en 2021.

Il a le pouvoir de dissoudre le Parlement et éventuellement de lui renvoyer les lois lorsqu'elles lui sont présentées pour promulgation.

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Il préside le Conseil supérieur de la magistrature, nomme un tiers des membres de la Cour constitutionnelle et dispose du droit de grâce.

 

- Les candidats -

Le président doit avoir la nationalité italienne et être âgé d'au moins 50 ans.

L'actuel Premier ministre Mario Draghi, jusqu'ici resté silencieux sur ses intentions, tient la corde, même si son élection poserait le problème de son remplacement à la tête de la large coalition hétéroclite actuellement au pouvoir, qui va de la droite souverainiste à la gauche.

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L'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi (85 ans, droite), qui faisait campagne en coulisses pour ce poste prestigieux, a annoncé samedi qu'il renonçait à être candidat.

Parmi les autres noms circulant dans la presse figurent notamment ceux d'un autre ancien Premier ministre, Giuliano Amato (83 ans, centriste), du commissaire européen à l'Economie Paolo Gentiloni (67 ans, gauche) et de l'ancien président de la Chambre des députés Pier Ferdinando Casini (66 ans, centriste).

Beaucoup souhaitent aussi qu'une femme accède pour la première fois à la magistrature suprême : dans ce cas, la présidence pourrait échoir à la ministre de la Justice Marta Cartabia (58 ans, centre droit) ou à sa prédécesseure Paola Severino (73 ans, centre droit), sans oublier la présidente du Sénat Elisabetta Casellati (66 ans, droite).

 

- Histoire de l'élection -

La république italienne a connu douze présidents. Seul l'un d'entre eux, Giorgio Napolitano (2006-2015), a obtenu un second mandat.

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Traditionnellement, ce poste ne revient pas à un chef de parti mais à une personnalité jugée au-dessus des formations politiques. Souvent, les personnalités citées en amont de l'élection en sortent bredouilles et le poste échoit à une autre dont le nom est sorti du chapeau pendant les opérations de vote.

En 2013, Romano Prodi, bien qu'auréolé du prestige de son passage à la présidence de la Commission européenne et investi par le Parti démocrate (PD, gauche), fut trahi par une partie de ses soutiens et Giorgio Napolitano fut finalement reconduit.

 

- Le palais du Quirinal -

Le siège de la présidence de la République est situé au palais du Quirinal, l'ancienne résidence des papes et des rois d'Italie (de 1870 à 1946) perchée au sommet de la colline du même nom.

Construit à partir de 1573, le Quirinal, orné de multiples œuvres d'art, est l'un des plus importants palais romains. A l'origine résidence d'été des papes, il devint leur résidence principale en tant que souverain temporel, par opposition au Vatican, le siège de leur pouvoir spirituel. Trente papes au total y ont résidé, de Grégoire XIII à Pie IX.

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Sous le joug de ses troupes, l'empereur Napoléon y fit effectuer des travaux pour en faire sa résidence romaine, mais il n'y mit jamais les pieds.

A la proclamation de la République, intervenue après le referendum de 1946 ayant mis fin à la royauté, ce somptueux palais de 110.500 m2 devint la résidence du chef de l'Etat. Sur l'ensemble de la planète, seul le palais présidentiel turc à Ankara est plus étendu.

Par Gildas Le Roux