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Face à la violence de l’invasion russe, les Européens augmentent les livraisons d’armes à l’Ukraine

Paris - Des missiles, des lance-roquettes, des mitrailleuses... Les pays européens, longtemps réticents à livrer des armes à l'Ukraine, ont finalement été convaincus par la violence de l'invasion russe, même si leurs premiers envois paraissent maigres face à la puissance de feu de Moscou.

Fin janvier, alors que plus de 150.000 soldats russes étaient déjà massés à la frontière ukrainienne, le gouvernement allemand, campant sur ses positions traditionnelles hostiles à des livraisons d'armes, s'était attiré des moqueries en annonçant la fourniture de 5.000... casques militaires à Kiev.

Trois jours après l'invasion russe, la situation a évolué.

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L'Allemagne a brisé un tabou en acceptant de livrer des armes à l'Ukraine en guerre, rompant ainsi sa politique d'interdiction de toute exportation d'armes létales en zone de conflit.

Berlin a autorisé la livraison à Kiev de 1.000 lance-roquettes antichar, de 500 missiles sol-air Stinger et de 9 obusiers, a annoncé le gouvernement.

L'Allemagne a également annoncé l'envoi à l'Ukraine de 14 véhicules blindés ainsi que de 10.000 tonnes de carburant. "D'autres mesures de soutien sont actuellement à l'étude", a souligné une source gouvernementale.

Le 26 février au soir, la France a annoncé à son tour avoir pris la décision de livrer davantage d'équipements militaires de défense à l'Ukraine.

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Au cours d'un conseil de défense réuni à l'Elysée autour du président Emmanuel Macron, "il a été décidé la livraison additionnelle d'équipements de défense aux autorités ukrainiennes ainsi qu'un soutien en carburant", a indiqué la présidence.

L'état-major des armées avait auparavant indiqué avoir "acté" des livraisons d'armes défensives à Kiev, l'Ukraine ayant notamment, d'après son ambassadeur à Paris, demandé des "moyens de protection antiaérienne" et numérique.

"La coalition anti-guerre fonctionne", se réjouissait le 26 février le président ukrainien Volodymyr Zelensky, longtemps critique de l'attentisme occidental. "Armes et équipements de nos partenaires sont en route pour l'Ukraine", indiquait-il sur Twitter.

Plus tôt, la Belgique avait annoncé fournir 2.000 mitrailleuses et 3.800 tonnes de carburant à l'armée ukrainienne. Le ministère de la Défense des Pays-Bas avait indiqué avoir "expédié le 26 février une partie des marchandises déjà promises, notamment des fusils de précision et des casques".

Dans une lettre au parlement néerlandais, il a encore écrit qu'il fournirait "dès que possible 200 missiles antiaériens Stinger à l'Ukraine".

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- Rien de trop -

La République tchèque qui avait déjà approuvé un don à Kiev de 4.000 obus d'artillerie, a annoncé qu'elle enverrait "dans les heures qui viennent" à l'Ukraine un arsenal de 30.000 pistolets, 7.000 fusils d'assaut, 3.000 fusils mitrailleurs et plusieurs dizaines de fusils de précision ainsi qu'un million de cartouches.

La Pologne a de son côté expédié des dizaines de milliers de munitions au voisin ukrainien.

"La difficulté de cette affaire, c'est que personne n'a cru" à une invasion russe sur tout le territoire ukrainien, affirme le général Vincent Desportes, ex-directeur de la prestigieuse Ecole de guerre française, interrogé par l'AFP.

Maintenant, "chacun fait ce qu'il peut" et "personne n'a des milliards d'armements en trop. Toutes les armées européennes sont sous-équipées", poursuit-il, quand 200.000 Russes assistés de missiles balistiques assiègent l'Ukraine.

"Quand vous envoyez 2.000 mitrailleuses, vous les prenez sur votre propre stock. (...) Les armées européennes sont des armées pauvres. On n'a pas de matériel, pas d'argent", constate M. Desportes.

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Mieux dotés militairement, les Etats-Unis, pourraient faire une plus grande différence, eux qui ont annoncé une nouvelle aide militaire à l'Ukraine d'un montant de 350 millions de dollars, pour atteindre un total de "plus d'un milliard de dollars d'aide (...) sur l'année écoulée", a annoncé leur chef de la diplomatie Antony Blinken.

Mais "les routes sont complètement bloquées, les aéroports bombardés. Quand vous avez des armes à Baltimore, elles ne sont pas exactement à Kiev", remarque le général Desportes.

Interrogé sur le sujet, un diplomate occidental basé à Bruxelles se voulait plus optimiste, "beaucoup de dirigeants alliés" au sein de l'Otan étant désireux selon lui de fournir du matériel militaire "autant que possible" à l'Ukraine.

Et d'ajouter: "Il est dans notre intérêt d'essayer de ralentir le plus possible l'avance russe, et qu'elle soit la plus coûteuse possible pour Poutine".

Par Joris Fioriti