L’UE à la manoeuvre pour relancer l’économie

Bruxelles – Avant un futur fonds de relance européen proposé mercredi par Bruxelles, les Européens se sont déjà entendus sur d’autres mesures pour soutenir l’économie, frappée de plein fouet par le coronavirus.

Ces mesures, qui ciblent les travailleurs, les entreprises et les Etats eux-mêmes, s’ajoutent à celles déjà prises par chaque Etat membre pour relancer leurs économies, grâce notamment à un assouplissement de la législation européenne en matière d’aides d’Etat.

Elles viennent aussi en complément du plan de la Banque centrale européenne, qui a massivement augmenté ses rachats de dette publique depuis deux mois, et prévoit au total un volume de plus de 1.000 milliards d’euros rien qu’en 2020.

Relancer l’économie: jusqu’à 750 milliards

La Commission propose de créer un instrument de relance, adossé au budget de l’UE, qui pourrait atteindre 750 milliards d’euros.

Il serait alimenté par des emprunts à grande échelle de l’exécutif européen au nom de l’UE et remboursé grâce à de nouvelles taxes levées au niveau européen.

Sur ces 750 milliards, 500 seraient redistribués sous forme de subventions et 250 milliards sous forme de prêts.

Pour en bénéficier, les Etats devraient établir des plans nationaux précisant leurs besoins et les réformes prévues, qui devront être validés par la Commission et les autres pays.

Mais cet instrument n’en est pour l’instant qu’au stade de la proposition et de longs et difficiles débats s’annoncent entre les Etats membres, avant un éventuel compromis.

Protéger les travailleurs (SURE): jusqu’à 100 milliards

Un instrument temporaire, baptisé « SURE », a pour vocation de soutenir les mesures de chômage partiel dans les Etats membres les plus dans le besoin, grâce à des prêts pouvant atteindre 100 milliards d’euros.

Profitant des faibles coûts dont bénéficie l’UE, la Commission empruntera sur les marchés financiers, puis prêtera cet argent à des conditions favorables.

Les Etats membres devront fournir 25 milliards d’euros de garanties à l’exécutif européen pour conforter cette capacité d’emprunt.

Ce plan doit être maintenu jusqu’au 31 décembre 2022 et pourra, si besoin, être reconduit tous les six mois.

Soutenir les entreprises (BEI): jusqu’à 200 milliards

La Banque européenne d’investissement (BEI), l’institution financière des Etats membres, a créé un fonds de garantie paneuropéen, essentiellement à destination des petites et moyennes entreprises.

Doté d’un montant de 25 milliards d’euros, alimenté par les Etats selon leur poids économique, il doit permettre de mobiliser jusqu’à 200 milliards d’euros.

Aider les Etats (MES): jusqu’à 240 milliards

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), organisme créé en 2012 lors de la crise de la dette, va octroyer des lignes de crédit « de précaution » aux pays les plus touchés par la crise.

La seule disponibilité de cet argent a pour but de rassurer les marchés.

Les prêts pourront atteindre jusqu’à 2% du PIB du pays concerné, soit 240 milliards d’euros si on le rapporte à l’ensemble du PIB de la zone euro.

L’argent provient de la contribution versée par les Etats membres depuis la création de cet organisme.

Unique condition pour les bénéficiaires: il doit financer les coûts, directs ou indirects, liés aux soins de santé, le tout sous le contrôle de la Commission.

Ce mécanisme est conçu pour fonctionner sur une période de douze mois, prolongeable deux fois pour six mois.

par Clément Zampa