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Sur le vaccin d’AstraZeneca, les pays nordiques jouent la prudence

Helsinki - Parmi les premiers à suspendre le vaccin d'AstraZeneca à cause de craintes sur de possibles effets secondaires graves, les pays nordiques temporisent avant de reprendre les injections, à contrecourant des autres Etats européens.

A peine le régulateur européen l'avait-il déclaré "sûr et efficace" que la France --Premier ministre en tête--, l'Allemagne ou encore l'Italie ont recommencé à administrer le sérum du laboratoire anglo-suédois vendredi, espérant donner un coup de fouet à des campagnes de vaccination contre le Covid à la traîne.

Excès de précaution ou prudence de pays rompus à la transparence publique? En haut du continent européen, Norvège, Suède et Danemark ont, eux, choisi de conditionner la reprise des injections à des évaluations plus poussées sur les troubles de la coagulation, rares mais graves, apparus chez des personnes vaccinées.

Seul pays de la région nordique à ne pas avoir observé de pause avec le vaccin d'AstraZeneca, la Finlande a même créé la surprise vendredi en décrétant une suspension au moins jusqu'au 29 mars, malgré l'avis favorable rendu la veille par l'Agence européenne des médicaments (EMA).

"En vertu du principe de précaution", l'autorité de santé publique finlandaise (THL) a annoncé "suspendre les injections en Finlande jusqu'à ce qu'il y ait plus d'informations et qu'une causalité possible puisse être évaluée".

Des incidents assez isolés mais aux conséquences parfois fatales inquiètent les autorités sanitaires de la région. Plusieurs personnes pourtant relativement jeunes et jusqu'alors en bonne santé ont dû être hospitalisées, voire ont succombé, quelques jours après une première injection du vaccin d'AstraZeneca.

La Norvège a ainsi dénombré six cas graves, dont deux mortels, chez des personnels soignants, tous âgés de moins de 55 ans et sans problèmes de santé connus. Cinq présentaient une combinaison de symptômes atypiques mêlant caillots sanguins, hémorragie et chute des plaquettes sanguines.

Vraisemblablement la conséquence d'une "puissante réponse immunitaire" déclenchée par le vaccin d'AstraZeneca, a estimé une équipe médicale norvégienne.

A la réunion de l'EMA jeudi, le pays nordique dit avoir été le seul à vouloir inscrire ces symptômes dans la liste des effets secondaires possibles du sérum. Sans obtenir gain de cause.

L'agence européenne a jugé que le vaccin n'était "pas associé" à un risque plus élevé de caillot sanguin sans toutefois pouvoir "exclure définitivement" son rôle dans ces troubles rares de la coagulation.

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- "Se donner plus de temps" -

 

Jugeant "prématuré de conclure", l'Institut norvégien de santé publique a indiqué qu'il rendrait son propre avis "à la fin de la semaine prochaine" avant de reprendre éventuellement les injections.

Au Danemark, premier pays à suspendre intégralement l'utilisation du vaccin AstraZeneca le 12 mars, ce sont dix cas inhabituels graves qui ont été recensés, dont un mortel.

"Nous estimons que nous devons approfondir la question parce que nous devons mieux comprendre les effets secondaires et pourquoi des jeunes et des personnes en bonne santé sont touchés", a dit le directeur de l'Agence de santé, Søren Brostrøm.

"On veut se donner plus de temps", a-t-il plaidé lors d'une conférence de presse.

Au risque là aussi, dans la course contre la montre engagée contre le virus et ses mutations, de ralentir une campagne de vaccination parmi les plus avancées sur le Vieux continent.

Même ligne de prudence en Suède voisine, où deux cas graves, dont un mortel, sont en cours d'examen.

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Malgré la reprise de la vaccination dans nombre de pays, les préventions nordiques ont trouvé un écho sur le reste du continent.

En France, la Haute autorité de santé (HAS) a ainsi recommandé de le réserver aux personnes de 55 ans et plus.

"Les plus jeunes ont une défense immunitaire plus puissante que les plus âgés. Il est donc concevable que la réaction immunitaire y soit plus forte chez eux", a noté Steinar Madsen, directeur médical de l'Agence norvégienne des médicaments.

"C'est très intéressant que la France ait fait cela. Maintenant, tous les pays sont sensibilisés à ces épisodes graves", a-t-il réagi auprès de l'AFP.

Par Sam Kingsley avec les bureaux nordiques de l'AFP