Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos FAQ sur les conditions d'utilisation.
Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.
Download

Dans la Manche, les traversées illégales ont triplé en 2021

Londres - Il a fait ses premiers pas sur le sol anglais par un jour nuageux et bruineux de mai: Arash est l'un des 27.000 migrants à avoir effectué cette année la périlleuse traversée de la Manche depuis la France, trois fois plus nombreux qu'en 2020.

Le canot pneumatique sur lequel se trouvait ce jeune Iranien de 28 ans a affronté pendant cinq heures les immenses vagues et les cargos géants de l'une des voies maritimes les plus fréquentées du monde, avant d'être intercepté par les garde-côtes britanniques.

Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos <a href="https://ednh.news/fr/faq" target="_blank">FAQ</a> sur les conditions d'utilisation.<br/>Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.

Arash demande désormais l'asile au Royaume-Uni, comme la plupart des clandestins arrivés depuis le début de l'année. Ils ont été trois plus fois nombreux que les 8.400 arrivées illégales recensées en 2020 sur des embarcations de fortune. Un phénomène qui s'est développé depuis 2018 face au bouclage du port de Calais et d'Eurotunnel que les migrants empruntaient en se cachant à bord de véhicules.

Cette année, 36 d'entre eux ont trouvé la mort dans la Manche, dont 27 lors d'un seul naufrage qui, en novembre, a ému l'opinion.

Mais pour Arash, qui préfère ne pas divulguer sa véritable identité, le jeu en vaut la chandelle: "Quand vous n'avez aucun espoir dans votre pays et que votre vie est en danger, vous tentez votre chance et faites cette chose dangereuse", confie-t-il à l'AFP.

Cet ex-étudiant ingénieur a quitté l'Iran en 2018, pour arriver dans le nord de la France via la Serbie, la Grèce et l'Allemagne. En route, il a payé des milliers d'euros à des passeurs et a utilisé deux faux passeports.

Pour venir au Royaume-Uni, il a payé 2.500 euros afin de monter sur un bateau bondé avec 27 autres personnes, dont deux jeunes enfants. La plupart étaient originaires d'Érythrée, d'Iran et d'Afghanistan.

Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos <a href="https://ednh.news/fr/faq" target="_blank">FAQ</a> sur les conditions d'utilisation.<br/>Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.

- "Retards inacceptables" -

"C'est sûr que (le canot) était surchargé", affirme Arash, qui a pris la mer avec un "sentiment mêlé de peur et d'espoir".

Les traversées vers le Royaume-Uni sont devenues un véritable casse-tête politique pour le Premier ministre britannique Boris Johnson et sa ministre de l'Intérieur Priti Patel.

La campagne du Brexit en 2016, sur laquelle Boris Johnson a bâti son succès, promettait aux Britanniques de "reprendre le contrôle" de leurs frontières. Mais le nombre de demandeurs d'asile renvoyés vers l'Union européenne a depuis diminué, Londres étant désormais exclu des accords de retour entre États membres.

Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos <a href="https://ednh.news/fr/faq" target="_blank">FAQ</a> sur les conditions d'utilisation.<br/>Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.

Les arrivées massives de migrants ont aussi envenimé les relations avec la France, à qui le gouvernement britannique reproche de ne pas assez empêcher les départs, malgré des fonds envoyés pour cela.

Un vaste "gaspillage d'argent", selon le directeur général de Refugee Action, Tim Naor Hilton, qui reproche au gouvernement "des années de mauvaise gestion" et un système qui "ne peut pas faire face".

"Le ministère de l'Intérieur prend plus de temps que jamais pour statuer sur les demandes" d'asile, ajoute M. Hilton, et "ces retards inacceptables signifient que les réfugiés restent plus longtemps dans le système d'asile et qu'il est difficile de leur trouver des logements".

Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos <a href="https://ednh.news/fr/faq" target="_blank">FAQ</a> sur les conditions d'utilisation.<br/>Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.

- Dur projet de loi -

Un controversé projet de loi introduit par le gouvernement, qui promet des mesures plus sévères contre les passeurs mais aussi contre les migrants, est en cours d'examen au Parlement.

S'il est adopté, les demandeurs d'asile arrivés illégalement sur le territoire, comme Arash, seront renvoyés vers les "pays sûrs" par lesquels ils sont préalablement passés.

Les associations de défense des droits humains s'indignent contre un texte jugé cruel. Mais pour le gouvernement, il créera "un système d'immigration juste mais ferme", "protègera les plus vulnérables et réprimera l'immigration illégale ainsi que les bandes criminelles qui la facilitent".

Le contenu est libre d'accès mais des restrictions d'usage s'appliquent. Veuillez consulter nos <a href="https://ednh.news/fr/faq" target="_blank">FAQ</a> sur les conditions d'utilisation.<br/>Si vous cliquez sur téléchargement/intégration, vous reconnaissez avoir lu et accepté les conditions d'utilisation.

Pour sa part, Arash "attendait mieux" de la vie en Angleterre. Passé par Douvres pour se faire enregistrer, il attend désormais dans un hôtel aux abord de l'aéroport londonien de Heathrow une décision sur son statut de réfugié.

Comme les traversées, les demandes d'asile ont connu une croissance fulgurante ces deux dernières années - passant de 2.738 dossiers en décembre 2019 à 16.794 en septembre 2021. Les conditions d'attente se sont dégradées, au point qu'Arash se demande ce qu'il fait encore dans "cet endroit qui ressemble plus ou moins à une prison".

Par Callum Paton