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Le port du voile, sujet qui divise la France et les deux finalistes de la présidentielle

Paris - Interpellés sur la question du port du voile, Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui s'affronteront au second tour de l'élection présidentielle française assument leurs divergences: la candidate d'extrême droite prône son interdiction dans l'espace public quand le président sortant se pose en défenseur des libertés religieuses.

Après Emmanuel Macron interpellé sur le sujet lors d'un bain de foule à Strasbourg (est) le 12 avril, c'est la candidate du Rassemblement National (RN) qui, le 15 avril, sur un marché du sud de la France, a fait face à une femme voilée contestant son projet d'interdire le voile dans l'espace public.

Les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection le 24 avril ont des positions antagoniques sur le sujet: il permet de souligner pour Emmanuel Macron son attachement strict à la laïcité dans l'esprit de la loi française dite "de 1905" et pour Marine Le Pen d'affirmer sa volonté de lutter contre l'islamisme.

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Fondatrice de la laïcité à la française, la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes en France.

Et s'ils ont des positions opposées sur le port du voile, les deux prétendants à la présidence française jouent aussi les équilibristes.

A Strasbourg, le président centriste qui brigue un second mandat de cinq ans, interpellé sur son "féminisme" par une jeune femme voilée, a jugé "beau" que son interlocutrice qui déclare porter ce signe religieux "par choix", puisse lui poser une telle question.

"C'est la meilleure réponse à toutes les bêtises que je peux entendre", a souligné le candidat, critiquant au passage sa rivale.

Deux jours plus tard au Havre (Nord-Est), il faisait mine d'interroger: "il n'y a aucun pays au monde qui interdit le voile sur la voie publique, vous voulez être le premier?"

 

- "Séparatisme" -

Un clin d'oeil à l'électorat musulman qui a largement voté en faveur du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon au premier tour (69%), loin devant M. Macron (14%) et Mme Le Pen (7%), selon un sondage de l'institut français Ifop pour le quotidien catholique La Croix.

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La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet, ce qui fait de l'islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe.

Le 15 avril, deux fédérations musulmanes, la grande mosquée de Paris et le Rassemblement des musulmans de France, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour.

"Si la candidate d'extrême droite Marine Le Pen interdit le voile, de par notre Constitution, elle va devoir interdire la kippa, elle va devoir interdire la croix, elle va devoir interdire les autres signes religieux", a déclaré M. Macron.

Mais le candidat cherche également à solder les critiques provoquées par sa loi dite de "lutte contre le séparatisme" accusée d'avoir alimenté la défiance à l'égard de l'islam, ce dont la majorité présidentielle s'est toujours défendue.

Votée en juillet 2021, cette loi a pour but de renforcer l'arsenal juridique français contre l'islamisme radical.

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- "Erreur" -

C'est justement au moment des débats autour de cette loi, critiquée par certains défenseurs des libertés publiques, que Marine Le Pen avait proposé une kyrielle de mesures "visant à combattre les idéologies islamistes", parmi lesquelles l'interdiction du voile reprise dans son programme présidentiel.

Confrontée à une femme voilée le 15 avril  lors d'un déplacement dans le Vaucluse (sud de la France), elle est restée imperturbable sans cependant vouloir trop prolonger l'échange.

La candidate propose de sanctionner d'une amende le port du voile dans l'espace public qu'elle assimile à un "uniforme" islamiste.

"Les femmes qui ne le portent pas sont isolées, victimes de pression, insultées", égrène la candidate RN dont la mesure d'interdiction inscrite dans son programme ne fait pas l'unanimité dans son propre camp.

Polémique liée à la présence d'une syndicaliste étudiante voilée lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, question du voile dans les compétitions sportives ou volonté de l'interdire pour les jeunes filles: le quinquennat Macron a été jalonné de controverses autour de ce signe religieux qui creuse de profondes fractures en France depuis une affaire remontant à 1989 où trois adolescentes avaient été exclues d'un collège de la banlieue parisienne parce qu'elles portaient le voile.

Par Grégory Danel et Anne Renaut à Pertuis