Le sida en dix grandes dates

Paris – Le président américain Donald Trump veut éliminer l’épidémie de VIH dans son pays d’ici dix ans. Retour sur les grandes étapes d’une maladie qui marqué l’histoire récente, de son émergence aux espoirs actuels pour stopper la pandémie.

– 1981: première alerte

Le 5 juin 1981, l’organisme américain de surveillance et prévention des maladies (CDC) signale une forme rare de pneumonie chez de jeunes homosexuels californiens. C’est la première alerte sur le sida. On ignore alors tout de cette maladie qui n’a pas encore de nom.

Le CDC rapporte ensuite les mêmes “infections opportunistes” chez des consommateurs de drogues injectables (fin 1981), des hémophiles ayant recours à des transfusions sanguines (mi-1982), des Haïtiens résidents aux Etats-Unis (mi-1982). On parle de maladie des 4H (homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et Haïtiens).

Le terme “aids” (“acquired immune deficiency syndrome”) apparaît en 1982. En français: “sida“, pour syndrome d’immunodéficience acquise.

– 1983: découverte du virus

En janvier 1983, à l’Institut Pasteur à Paris, les chercheurs Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, sous la direction de Luc Montagnier, isolent un nouveau virus qu’ils baptisent LAV et qui “pourrait être impliqué” dans le sida.

Le 23 avril 1984, les Etats-Unis annoncent que le spécialiste américain des rétrovirus Robert Gallo a trouvé la cause “probable” du sida, un rétrovirus baptisé HTLV-III.

LAV et HTLV-III s’avèrent être le même virus, baptisé en 1986 virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH.

– 1987: premier traitement

Le 20 mars 1987, le premier traitement antirétroviral AZT est autorisé aux Etats-Unis. Il est coûteux et ses effets secondaires nombreux.

Le 31 mars, un accord est signé entre la France et les Etats-Unis pour mettre fin au contentieux sur l’antériorité de la découverte du VIH. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier recevront, en 2008, le prix Nobel de médecine.

– Début 90: des étoiles tombent

L’acteur américain Rock Hudson est la première victime célèbre connue du sida en octobre 1985. Au début des années 90, plusieurs étoiles tombent: Freddie Mercury en novembre 1991, Rudolf Noureev en janvier 1993.

En 1994, le sida devient la première cause de décès parmi les Américains de 25 à 44 ans.

– 1995-96: début des trithérapies

En 1995-96, l’arrivée de deux nouvelles classes de médicaments marque un tournant: les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs non-nucléosidiques de transcriptase inverse.

C’est le début des combinaisons de différents antirétroviraux: les trithérapies, qui se révèlent très efficaces. En 1996 aux Etats-Unis, pour la première fois, le nombre de victimes décline.

– 1999: 50 millions

Un rapport de l’OMS et d’Onusida en novembre 1999 évalue à 50 millions les personnes infectées par le VIH depuis le début de l’épidémie. 16 millions en sont mortes. L’Afrique est le premier continent touché avec 12,2 millions de séropositifs.

– 2001: médicaments génériques

Après un accord signé en 2000 par Onusida et cinq grands laboratoires pour distribuer des traitements abordables dans les pays pauvres, un compromis est signé le 13 novembre 2001 à l’OMC pour permettre aux pays en développement de fabriquer des médicaments génériques.

– 2003: plan Pepfar

Le président américain George Bush lance le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (Pepfar) pour des traitements anti-rétroviraux et des mesures de prévention dans 15 pays, la plupart d’Afrique subsaharienne. En 2018, le Pepfar a engagé 70 milliards de dollars contre le sida.

– 2012: traitement préventif

Le 16 juillet 2012, un premier traitement préventif dit PrEP (“prophylaxie pré-exposition”), le cocktail antirétroviral Truvada, est autorisé aux Etats-Unis.

– 2017: la moitié des malades traités

Pour la première fois, plus de la moitié des malades dans le monde sont traités, selon Onusida. En 2017, 36,9 millions de personnes étaient infectées. Quelque 35,4 millions de séropositifs sont morts depuis 1981.